Ségolène Royal a réaffirmé mardi, après que Bertrand Delanoë eut défendu "le libéralisme", que les socialistes ne devaient pas "aller piocher à la droite son idéologie et son vocabulaire".
"Iln'y a pas besoin d'aller piocher à la droite son idéologie et son vocabulaire. On sait ce que cette idéologie recouvre (...) Le libéralisme a déjà fait des dégâts considérables", a déclaré Mme Royal en recevant la presse dans ses bureaux du Boulevard Raspail à Paris.
"On apprend en même temps que les patrons du CAC 40 ont augmenté leurs revenus de 54% et que l'on s'apprête à supprimer la prime pour l'emploi pour 2,5 millions de salariés petits et moyens (...) Le capitalisme détruit les hommes et les femmes (...) C'est ça, le libéralisme", a déclaré l'ex-candidate PS à l'élection présidentielle.
Elle a dénoncé dans cette idéologie "des concepts qui sont à la source même des malheurs et des désordres du monde". "Désolée, je ne partage pas cette façon de parler", a-t-elle ajouté, évoquant "un vrai clivage" et récusant qu'il s'agisse de "postures".
Selon Mme Royal, ce "n'est pas exact" de dire que M. Delanoë ne se range pas dans le camp du libéralisme économique. Elle s'est toutefois refusée à une discussion avec les journalistes à partir des propos du maire de Paris.
Tout en exprimant son "respect de ce que dit Bertrand Delanoë", elle a dénoncé "une confusion des valeurs" alors qu'il faut aujourd'hui "une clarification".
Pour la présidente de la région Poitou-Charentes, "l'enjeu majeur, c'est de montrer en quoi le socialisme du 21e siècle est une idée neuve, moderne et efficace".
Samedi, Mme Royal avait déjà estimé que le libéralisme "est le mot de nos adversaires politiques".
Comme on lui faisait remarquer que dans sa campagne présidentielle, elle avait loué "la liberté d'entreprendre" et "le goût du risque", l'ex-candidate a répondu que c'était "parfaitement cohérent" avec sa critique du libéralisme aujourd'hui.
Interrogée pour savoir si elle remettait en cause les privatisations, des mesures d'inspiration libérale, décidées sous le gouvernement Jospin, auquel elle appartenait, Ségolène Royal n'a pas voulu "revenir sur ces questions".
Quant à savoir si la dénonciation du libéralisme économique est compatible avec l'alliance qu'elle prône avec le MoDem, qui se dit "libéral et social", elle a répliqué : "Je vous le dirai. J'aborderai cette question sans tactique et sans tabou".
Produits pétroliers: Royal attend de voir la concrétisation des annonces de Sarkozy
ant que les promesses de Nicolas Sarkozy restent "verbales", Ségolène Royal préfère "attendre" de voir, a-t-elle averti mardi après l'annonce du président concernant des aides pour pallier les hausses des produits pétroliers, tant les carburants que le fioul pour se chauffer.
"S'il y a des mesures qui vont dans le bon sens tant mieux, mais actuellement, tant qu'elles sont verbales, j'attends de voir", a déclaré l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle sur France Info.
"On a été tellement échaudé par les annonces" du président, restées sans "résultats", a-t-elle critiqué. Et de rappeler celles faites aux pêcheurs du Guilvinec, qui "n'ont pas été tenues" selon elle, ou les ouvriers de Gandrange (Moselle) "qui attendent toujours que les promesses qui ont été faites du maintien de l'usine ArcelorMittal soient concrétisées".
Concernant la création d'un fonds d'aide avec les recettes supplémentaires de la TVA sur les produits pétroliers, annoncé mardi matin par Nicolas Sarkozy, il faut "voir quand elle sera mise en oeuvre" et "à quel moment les gens vont récupérer la prime à la cuve", a affirmé, prudente, la présidente de la région Poitou-Charentes. Pour elle, il aurait été "beaucoup plus simple" de baisser la fiscalité" pour baisser les prix à la pompe, ainsi qu'elle le demandait depuis "des mois".
[28/05/08]:
-11H30 : Marché de Givors en compagnie de Jean-François Gagneur, candidat à la législative partielle sur la 11ème circonscription du Rhône.
-12H35 : Condrieu - visite (en compagnie de Jean-François Gagneur) de l'Espace François Mitterrand d'accueil de la petite enfance (inauguré par Ségolène Royal en 1998) et rencontre avec le personnel et les familles.